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    Masques gon

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    Dès lors que survenait un dysfonctionnement provoqué par une famine, une épidémie, une mort suspecte ou des conflits liés à la possession de la terre, on recourait aux rituels du beete. Les initiés préparaient secrètement en forêt les substances magiques nécessaires à leurs cérémonies. Celles-ci prenaient fin avec une obligation : les participants consommaient une sorte de ragoût d’antilope « sous la surveillance du gaa-beete, l’officiant du culte »1.

    Certaines festivités ouvertes aux villageois offraient l’occasion de faire sortir les masques conservés dans des enclos à l’abri des regards profanes. Apparaissait alors le masque gon. Faite pour impressionner, sa tête représente un gorille. Les caractéristiques de cet animal dangereux, considéré comme le maître de la forêt, sont interprétées de façon à accentuer la puissance de l’objet complètement noir et conçu pour inspirer la peur. La forme d’un crâne de gorille est parfaitement rendue avec une crête sagittale proéminente ; les yeux à demi cachés sous le front en surplomb sont profondément enfoncés dans les orbites. Du mufle jaillissent deux énormes crocs.

    L’agressivité de la figuration est accentuée par la gestuelle du danseur. Celui-ci, dissimulé sous un ample vêtement de fibres de couleur noire, brandissait des sagaies ou des couteaux dont il menaçait l’assistance sans toutefois l’atteindre. Mais il était attaché par des cordes que tenaient fermement des hommes feignant de maîtriser la fureur du gon.

    Louis Perrois relève des similitudes dans les interventions des masques ngil et gon. Dans les deux cas, on a affaire à une sorte de « bras armé » d’une puissance occulte qui agissait contre les sorciers. Par la suite, le système s’est perverti et eut pour but de terroriser et de rançonner les villageois. Craints pour leurs pouvoirs magiques, les individus qui détenaient ces masques redoutables s’en servirent en effet pour imposer un tribut en viande de chasse ou en outils en fer. Puis c’est l’ivoire et le caoutchouc, très recherchés par les Européens, qui furent accaparés par les maîtres du gon et qui favorisèrent leur enrichissement.

    1. H. Deschamps, 1962, p. 77.

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