Version Mobile
bientôt disponible

Actualité

Jeux de couleurs dans les arts africains anciens #3

  • Date

    04 . 01 . 21

partager

Omniprésents dans la vie de nombreux peuples de l’Afrique subsaharienne, les masques, les figures et autres objets cultuels, ne sont pas laissés bruts après avoir été sculptés. Leurs formes, naturalistes, expressionnistes ou géométriques sont valorisées par la présence d’une ou de plusieurs couleurs dominantes. Ce sont principalement le noir, le brun, le blanc, le rouge et le jaune, obtenus essentiellement à partir de pigments minéraux, végétaux ou provenant de substances animales.

Partie #1 Les couleurs de la spiritualité
Partie #2Les couleurs du théâtre rituel

Partie #3 : Rafraîchir les couleurs

Autrefois, les masques, les figures et autres objets nécessaires au bon déroulement des cultes étaient régulièrement enduits de substances diverses, humaines, minérales, animales, on peut citer notamment l’huile de palme, le beurre de karité, la bouillie de mil, le sang et la salive. Les libations ou les offrandes aux êtres de l’autre monde modifient la couleur d’origine du bois, du métal, et de l’ivoire. En Afrique, cette dernière matière servait fréquemment à la fabrication d’objets de protection portés sous les vêtements ou de façon visible comme les bijoux.

À cet égard, la couleur plus ou moins rougeâtre des petits pendentifs luba (République démocratique du Congo), représentant le plus souvent un corps féminin (n°1), était « réchauffée » par le contact avec la peau frottée elle aussi avec de l’huile.

 

 

Avant chaque sortie de masque pour des cérémonies festives (initiation, intronisation, commémoration funéraire …) ou pour des missions punitives, les couleurs des masques étaient ravivées. Ainsi, le nganga, l’officiant des cultes chez les peuples kongo (Congo, République démocratique du Congo, Angola) réveille le pouvoir surnaturel du masque ndunga en appliquant des pigments frais (n°2).

Ceux-ci ont été remplacés progressivement par la peinture acrylique préférée pour sa facilité d’emploi et sa brillance. Mettre sur un objet une couleur dominante ou en associer plusieurs fait pleinement sens. Cet acte complète les gestes et les paroles d’un officiant des cultes – celui-ci peut colorer son propre corps ou celui de ses patients – afin d’assurer l’efficacité des rituels qui protègent, guérissent et donnent de l’espoir.

Christiane Falgayrettes-Leveau

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation adaptée à votre recherche et l'utilisation de fonctionnalités personnalisées.

/