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Hommage à Ousmane Sow, inauguration de la sculpture Couple de lutteurs corps à corps sur la Place de Valois à Paris.

  • Date

    05 . 04 . 19

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Le 20 mars 1999, à l’occasion de la journée de la francophonie, la quasi-intégralité de l’œuvre de l’artiste sénégalais Ousmane Sow était présentée sur le Pont des Arts lors de l’exposition « Le chant de triomphe » à Paris. Durant trois mois, près de trois millions de visiteurs viennent découvrir avec émotion le cortège de soixante-quinze sculptures exposées. Vingt ans plus tard et presque un après l’ouverture de la Maison Ousmane Sow à Dakar, la mairie du 1er arrondissement de Paris inaugurait Place de Valois, une version en bronze de Couple de lutteurs corps à corps, issue de sa série « Nouba ». Appartenant à la collection des Abattoirs de Toulouse, l’original exprime la lutte de l’homme, une notion essentielle de l’œuvre de l’artiste, car elle est pour lui « une façon d’exister ».

L’original de Couple de lutteurs corps à corps, Abattoirs de Toulouse, 1996. © Archives Fondation Dapper

C’est avec une vive émotion que le public et les proches de l’artiste ont découvert le 20 mars dernier cette saisissante version de bronze venue prendre place en ce lieu chargé d’histoire, au cœur même du « sentier de la culture » selon les termes du maire du 1er arrondissement de Paris.

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Ousmane Sow a toujours sculpté. Ce n’est pourtant qu’à cinquante ans alors qu’il exerce en tant que kinésithérapeute, qu’il décide de se consacrer exclusivement à son art. Il entreprend alors ses créations en série sans dessin ni modèle en s’inspirant du combat de certains peuples nomades d’Afrique. La première sera celle des « Noubas » qui le révèle en 1987 au Centre Culturel Français de Dakar puis six ans plus tard à la Dokumenta de Kassel en Allemagne. En 1995, le Nouba assis et le Nouba debout clôturent ainsi l’exposition organisée à Venise, au Palazzo Grassi, à l’occasion du centenaire de la Biennale. En 1988, naîtront les « Masaï », en 1991 les « Zoulou », et en 1993, les « Peulh ». Enfin, en 1999 née dans la cour de sa maison de Dakar la bataille de « Little Big Horn », une série de trente-cinq pièces consacrées aux Indiens d’Amérique.

Ces sculptures monumentales naissent et prennent forme d’une matière composite propre à l’artiste. De longues années auront été nécessaires à Ousmane Sow pour réaliser la base idéale qui donnerait à ses effigies cette spontanéité si particulière. La plupart de ses premières créations ont été dispersées ou détruites. La série des « Noubas » est d’ailleurs sauvée in extremis par l’un des amis du sculpteur, avant d’être dévoilée aux visiteurs des plus prestigieuses institutions mondiales.

Pourtant, quand on lui propose de faire fondre ses sculptures en bronze, Ousmane Sow refuse catégoriquement. En 2001 et à la suite à l’exposition de 1999 du Pont des Arts, il accepte finalement de faire confiance aux Fonderies de Coubertin pour la réalisation de trois bronzes, à partir de ses originaux : La Danseuse aux cheveux courts, le Lutteur debout et La Mère et l’Enfant.

Ces trois sculptures seront aussitôt exposées par la Fondation Dapper au nouveau Musée Dapper qui vient alors tout juste d’ouvrir ses portes à Paris. Ousmane Sow se passionne dès lors pour le bronze à travers lequel il retrouve le rendu de sa matière autant dans la texture que dans la patine, le poussant même encore plus loin encore dans la polychromie. Il en réalise près de quatre-vingts dont la plupart sont issus de sa série « Merci », en hommage aux grands hommes qui marquèrent sa vie.

Mise en place de la sculpture Toussaint Louverture en janvier 2018 lors du montage de l’exposition conçue par la Fondation Dapper « Afriques, artistes d’hier et d’aujourd’hui» à la Fondation Clément (21 janvier au 6 mai 2018).

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