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Une figure commémorative akan

Akan Ghana Figure
  • Date

    31 . 10 . 18

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À l’occasion de la Toussaint, découvrez une figure commémorative du Ghana

 

Autrefois, chez les Akan vivant en Côte d’Ivoire ou au Ghana, lorsqu’un roi, une reine-mère ou un chef mourait, on commandait une effigie en terre cuite à une femme experte dans la réalisation de ce type d’objet funéraire.

Quarante jours après le décès, la tête idéalisée du défunt – accompagnée de statuettes représentant les membres de sa famille –, était amenée en procession dans un lieu situé loin des habitations. Des récipients contenant de la viande, de l’eau et du vin de palme étaient posés à proximité des figures commémoratives. Les armes, les vêtements et autres objets précieux ayant appartenu à la personne qui avait disparu étaient ensevelis avec elle. Ses biens l’accompagnaient dans son ultime voyage à l’issue duquel elle retrouvait ses ancêtres.

Entre le XVIe et le début du XXe siècles, cette façon de perpétuer le souvenir des morts s’est progressivement étendue au-delà de la sphère royale. Toutefois, les artistes réalisant ces sculptures n’oubliaient pas de reproduire les caractéristiques de leur modèle, surtout lorsqu’il était d’un rang élevé. C’est ce qui apparaît dans cette œuvre exceptionnelle représentant vraisemblablement une reine-mère : le visage à l’ovale délicat est surmonté d’une coiffure sophistiquée. Dans les cheveux tressés sont mêlés des protubérances représentant des éléments en or qui ornaient la chevelure des membres de la famille royale.

Les têtes commémoratives se caractérisent par des traits naturalistes ou plus ou moins stylisés. La grande diversité de styles de ces artefacts témoigne de la richesse culturelle des Akan. Ces derniers, constitués de groupes apparentés, ont créé des objets raffinés qui évoquent la dimension sacrée de la vie spirituelle.

Les rituels funéraires se sont adaptés aux transformations des sociétés modernes. Aujourd’hui encore, les cérémonies liées aux funérailles qui s’étendent sur plusieurs jours, parfois des semaines, permettent de consolider les liens de la famille et du clan. Ainsi, les parents se réunissent autour d’un autel sur lequel est placé une photographie de la personne disparue. Celle-ci peut ainsi veiller éternellement sur ses descendants.

 

Christiane Falgayrettes-Leveau

 

Pour approfondir le sujet, nous vous conseillons la lecture de l’ouvrage Ghana, hier et aujourd’hui.

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