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Les cercueils, créations funéraires du Ghana

  • Date

    18 . 12 . 19

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Au Ghana s’est développé depuis plus de soixante-dix ans un art unique au monde : celui des « abebuu adekai », littéralement « boîtes à proverbes ». Ces cercueils aux formes originales portent bien leur nom, car chacun d’eux raconte une histoire, celle du défunt à qui il rend hommage.

La mort ne fait pas disparaître la relation de celui qui disparait avec ceux qui restent : il exerce toujours son influence sur le monde des vivants.

On célèbre la réussite du défunt par son cercueil, symbole de sa vie sur terre. On y figure donc bien souvent sa situation professionnelle, son statut social ou sa passion. Souvent très coloré, il prend la forme d’une voiture, d’un animal ou encore d’un objet du quotidien. À travers ce rituel moderne, l’entourage doit immédiatement reconnaître le rôle social qui avait été attribué à la personne disparue. Sa sépulture est portée selon la coutume Ga à travers les rues de la ville afin de l’exposer aux yeux de tous.

Ces cercueils rappellent les palanquins dans lesquels les rois se déplaçaient à l’époque au Ghana. Bien souvent, ces lits à porteurs étaient décorés d’animaux à fort pouvoir symbolique. Le cercueil constitue par ailleurs un moyen d’assurer le voyage de l’âme vers l’au-delà, ce qui explique le nombre conséquent de voitures, bateaux et autres moyens de déplacement comme objets représentés dans cet art funéraire.

Si la vie spirituelle accorde une place primordiale aux relations avec le défunt depuis toujours au Ghana, c’est le peuple ga qui fait perdurer cette tradition du cercueil née dans les années 50 à Accra, la capitale du pays, et dont il est à l’origine.
En effet, les cercueils personnalisés ont pris naissance dans l’atelier du menuisier Samuel Kane Kwei. Pour rendre hommage à son oncle, un pêcheur reconnu, il imagina une sépulture en forme de baleine qui fut promenée dans les rues de Teshie. La découverte de ce nouvel l’objet funéraire fut reçue avec un formidable enthousiasme. Dix ans plus tard, Kane Kwei connaissait une renommée internationale et ses cercueils personnalisés s’exportaient dans monde entier.

Il existe aujourd’hui une dizaine d’ateliers à travers tout le pays. Parmi eux, celui de l’artiste Joseph Ashong alias Paa Joe, certainement le plus connu de tous. Ses œuvres d’art – éphémères puisque vouées à disparaître sous terre – s’exposent dans les plus grands musées et galeries du monde.

En 2003, le Musée Dapper présentait l’œuvre exceptionnelle de l’artiste Kane Kwei lors de l’exposition « Ghana, hier et aujourd’hui »

 

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