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Sirius dans le ciel dogon

  • Date

    01 . 08 . 18

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Dans toutes les civilisations des mythes et des textes sacrés racontent l’origine du monde. Le ciel et les astres y occupent souvent une place centrale.

Ainsi, des enquêtes sur la cosmogonie dogon (Mali) rapportent qu’à l’aube de la création « sigi tolo et le soleil sont descendus au milieu de la nuit, sigi tolo a montré le chemin, le soleil après s’est levé[1]». Cette évocation correspondrait, selon l’astrophysicien Jean-Marc Bonnet-Bidaud, au « phénomène du lever “héliaque”, le moment où le soleil se lève avec une étoile[2]. »

Le premier sigui, rituel qui commémore la création du monde, aurait été annoncé par une lueur dans une caverne. Selon la tradition orale, la lumière provenait de l’étoile Sirius. Cet évènement aurait eu lieu entre le XIVe et le XVIe siècles, date de l’arrivée progressive des groupes dogon dans la région des falaises de Bandiagara.

Le sigui a lieu tous les soixante ans et se déroule en sept séquences sur sept ans ; le dernier a eu lieu de 1967 à 1973. Cet évènement réunit plusieurs villages, et c’est l’occasion pour des centaines de personnes appartenant aux mêmes clans et lignages de consolider leurs liens de parenté. Les cérémonies spectaculaires font intervenir plusieurs types de masques qui déambulent en dansant. Seuls les grands masques surmontés d’une planche pouvant atteindre dix mètres de haut ne dansent pas et ne sont pas portés. Sortis des grottes où ils sont conservés, ils sont adossés à une paroi. Les gardiens de tous les masques, membres de l’awa, association regroupant des initiés ayant acquis des connaissances ésotériques, sont chargés d’organiser les rituels sous les meilleurs auspices. Pour ce faire, ils ont notamment recours à la divination et à l’observation des astres.

À l’issue d’enquêtes menées en 1998 près du village de Sanga, J.-M. Bonnet-Bidaud a pu démontrer que l’alignement d’un dispositif extérieur de rochers et le mode d’utilisation d’une grotte constituaient des sites astronomiques consacrés à l’observation de Sirius[3].

Toutefois, il est encore difficile de savoir quelles étaient les connaissances exactes des Dogon en matière d’astronomie lorsque s’est mis en place le rituel du sigui. Comme dans bien d’autres civilisations qui se sont épanouies notamment en Égypte, en Chine ou en Inde, les anciens Dogon scrutaient la voûte céleste pour trouver des réponses à leurs préoccupations d’ordre scientifique et spirituel.

 

Christiane Falgayrettes-Leveau

 

© Photo Jean-Marc Bonnet-Bidaud.

 

[1] Griaule Marcel et Dieterlen Germaine, Le Renard pâle, tome 1, Paris, Institut d’ethnologie, 1965 p. 461.

[2] Bonnet-Bidaud Jean-Marc, « L’observation de l’étoile Sirius par les Dogon », ANKH, Revue d’égyptologie et des civilisations africaines, nos 10/11, 2001-2002, p. 8.

[3] Id., ibid., p. 9 et 10.

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