Version Mobile
bientôt disponible

Actualité

Les résonances de Batia Suter

  • Date

    23 . 07 . 18

partager

L’artiste photographe suisse Batia Suter vient de créer sa première grande installation en France. Elle a investi les espaces extérieurs et intérieurs du Bal. Cette plateforme parisienne, créée par Raymond Depardon et Diane Dufour, est dédiée à l’image contemporaine (photo, vidéo, cinéma et nouveaux médias).

L’art du photomontage de Batia Suter s’affranchit de tous les repères – historiques, sociaux, culturels – et de tous les genres. Des relations fortes se nouent entre les images.

Regard étrange d’une tête sculptée dans la pierre ; sourire éclatant sur un visage de femme aux yeux bandés ; nez dilaté, joues et yeux gonflés – signes de communication avec l’autre monde – d’un masque de la région de Bamendjo du Cameroun[1]. D’autres visuels d’artefacts d’Afrique, d’Insulinde ou d’Océanie introduisent ici et là dans l’installation des intrusions dans des univers du rituel.

Des images manipulées puis assemblées composent d’immenses fresques en noir et blanc. Dans Radial Grammar, les repères sont troublés par la proximité de visuels sans lien apparent. Des portraits « revus » d’hommes et de femmes, célèbres ou anonymes, sont parfois très expressifs. Par ailleurs, la photographie du vivant – humain ou animal – côtoie souvent celle de l’objet manufacturé.

Une attention inépuisable. Une recherche constante. L’artiste collecte depuis plus de trente ans les éléments qui constituent la base de son travail et de sa réflexion. Elle puise ses sources dans diverses archives : albums photos, atlas, documents scientifiques, revues, livres d’art et d’histoire …

La créativité de Batia Suter se nourrit de rencontres aléatoires : une image suscite la présence de plusieurs autres. Puis les assemblages s’élaborent, sans aucune hiérarchie et sans référence au contexte.

Se crée ainsi un univers riche de résonances. Celles-ci interpellent la mémoire et l’imagination de ceux qui laissent leur regard s’attarder sur l’amplitude d’un monde poétique qui se veut sans frontière.

 

Christiane Falgayrettes-Leveau

 

Batia Suter
Radial Grammar (jusqu’au 26 août 2018)
Installation photographique, vidéo
Le Bal (6, impasse de la Défense – 75008 Paris)

 

 

[1] Se référer à ce sujet à l’ouvrage Cameroon. Art and Kings, Zurich, Museum Rietberg, 2008.

 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation adaptée à votre recherche et l'utilisation de fonctionnalités personnalisées.

/